Episode 11 - L’étape la plus redoutée


Bâtir sa vie sur-mesure, un challenge introspectif.

Vous vous apprêtez à lire le 11ème épisode de mon feuilleton sur les coulisses émotionnelles de mon projet de rénovation.

Des extraits bruts, sans filtre, écrits à chaud, dans le tourbillon de cette transformation intérieure qui s’incarne peu à peu dans les murs de mon appartement.

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Bonne lecture !

Je dois être honnête, j’aborde les visites de chantier avec un peu plus de stress en ce moment.

Peut-être parce qu’on approche du résultat final.

Surtout parce qu’on est à l’étape cruciale des menuiseries sur-mesure.

Et ici tout se joue littéralement au millimètre !

Alors c’est un sacré challenge pour la perfectionniste que je suis.

Les menuiseries sur-mesure, c’est un non-négociable pour moi quand on veut optimiser l’espace. Et dans un studio de 22m² pensé pour accueillir une vie quotidienne (et pas juste un pied à terre dans lequel on serait de passage), chaque rangement compte !

J’ai parfois entendu des clients me dire qu’ils ne voulaient pas de menuiseries sur-mesure car ils trouvaient ça trop « massif » et trop « définitif » par rapport à des meubles qu’ils peuvent bouger et changer plus facilement.

C’est vrai. La menuiserie sur-mesure n’est pas faite pour être changée ! Elle impose une forme d’ancrage et de pérennité dans l’espace.

Mais si elle est bien pensée, c’est elle aussi qui va permettre d’avoir un ressenti de mètres carrés supérieur à la réalité en permettant de tirer le meilleur parti de l’espace.

La menuiserie sur-mesure structure l’espace.

Elle permet de créer des volumes sans cloisons, elle dessine des perspectives, elle habille le vide pour donner forme à l’espace habitable.

Et à mes yeux, elle allège. Parce qu’avec des menuiseries sur-mesure, on se libère du superflu.

Finalement, lors de mon déménagement retour, je n’aurai plus qu’à ramener, une table, ma chaise de bureau, mes tabourets et tabourets de bar. Et c’est tout. La menuiserie sur-mesure crée un espace dans lequel il n’y a plus qu’à poser ses valises en quelque sorte.

C’est aussi elle qui peut donner tout son caractère à une pièce.

Elle s’impose et incarne une forme de solidité. De stabilité.

Un ancrage.

Elle reflète un état d’être stable et ancré. Une clarté intérieure sur ses besoins.

Une douce certitude.

Celle de savoir ce qu’on veut. Et comment on le veut.

Là où des meubles « mobiles » offrent certes plus de liberté de changement, la menuiserie sur-mesure offre la liberté d’évoluer dans un cadre soutenant. Une forme de sécurité. Et surtout la liberté de créer quelque chose qui nous correspond parfaitement.

Le sur-mesure nous oblige à nous rencontrer nous-mêmes.

C’est peut-être ça qui rebute certaines personnes. Difficile de se projeter avec des meubles sur-mesure quand on ne sait pas ce qu’on veut. Quand on manque de certitudes, ou de confiance en soi.

Créer quelque chose qui nous correspond implique de se connaître.

Et de bien se connaître. Pour ne pas être déçu ensuite.

Alors, si vous pensiez que les menuiseries seraient la partie la plus technique, en réalité, elles sont la plus introspective.

Car dès la conception, les menuiseries sur-mesure demandent une quantité folle de questions et d’anticipation.

Anticiper l’usage. Que va-t-on ranger à quel endroit ? A quel moment vais-je me servir de ce placard ? Pour y mettre quoi ?

Anticiper les cohabitations. Avec le plan électrique, les emplacements des prises, des interrupteurs... Avec les contraintes techniques du plan, avec les recoins, les bouches d’aération, les conduits de cheminée… bref, avec l’existant et le projet !

Anticiper le rendu. Quelles finitions souhaite-t-on ? Quel style veut-on donner à l’appartement ? Quelle ambiance veut-on créer ? Car oui, la menuiserie sur-mesure devient souvent une pièce maitresse de l’appartement.

Anticiper les problématiques techniques. Comment laisser libre cours à sa créativité tout en la canalisant au filtre de la réalisation possible ?

Autant vous dire que toutes ces choses à anticiper, c’est à la fois un défi passionnant et une épreuve pour la perfectionniste que je suis.

Car il y a aussi une chose à accepter : aussi consciencieux soit-on, on ne pourra jamais TOUT anticiper ! Les surprises font partie du chantier.

On a beau contrôler, vérifier les plans un nombre incalculable de fois, cela n’empêche qu’il y a toujours des ajustements à faire en cours de chantier. Des corrections à apporter...

Parce que la construction, c’est un processus vivant.

C’est un échange. Une co-création.

Ça part de nous, de notre connaissance de nous-même pour pouvoir répondre au grand nombre de questions listées précédemment.

Mais c’est aussi un échange avec ceux qui font. Ceux qui savent. Ceux qui ont le coup d’œil et le coup de main issu d’années d’expérience à travailler le bois.

C’est un processus humain. Et qui dit humain, dit aussi parfois, petites incompréhensions, erreurs humaines et rattrapages à prévoir.

Non, je ne fais pas exception à la règle, j’ai le droit aussi aux quelques ratés qui pimentent le projet !

L’essentiel étant que dans la relation de confiance que nous avons créé avec l’entrepreneur, tout est entendable car on sait que chacun fait de son mieux et qu’on œuvre dans le même sens : pour la réalisation du projet le plus abouti possible.

Bref, cette étape des menuiseries sur-mesure, c’est une masterclass sur la confiance.

Confiance en soi, dans le fait qu’on se connaît suffisamment pour prendre les bonnes décisions pour soi.

Confiance en l’autre. Dans son savoir-faire et sa capacité à comprendre nos attentes.

Confiance dans le processus. En acceptant que ce n'est pas parce qu'on ne voit rien (on ne vit pas H24 sur le chantier !) qu’il ne se passe rien !

En acceptant de laisser de la marge de manœuvre aux artisans pour qu’ils puissent faire leur travail sans les étouffer par un besoin de tout contrôler.

En ayant confiance en soi aussi et en sa capacité à dire si quelque chose ne va pas ensuite.

Confiance qu’on ne laissera pas tomber notre vision.

Confiance que tout finira par s’arranger face aux aléas.

Au fond, le sur-mesure ne demande pas seulement de la précision.
Il demande une décision : celle d’habiter vraiment sa vie.

Et transformer cette décision en réalité exige deux piliers :
​se connaître suffisamment… et se faire suffisamment confiance.

Et vous ?

Êtes-vous prêt à vous lancer dans l’aventure d’une vie sur-mesure ? Quels sont les piliers que vous auriez besoin de renforcer pour y arriver ? La connaissance de soi ? ou la confiance en soi ?

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👉 En attendant, la suite au prochain épisode…

À bientôt,

Delphine


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